Lauréat de la catégorie “Restauration de milieux littoraux et marins”
Dans le cadre du Prix national du génie écologique 2026 organisé par l’A-IGÉco et l’Office français de la biodiversité (OFB), en partenariat avec le Ministère de la transition écologique et l’Association Française pour l’Étude du Sol (AFES).
Un projet réalisé par :
Porteurs de projet
- Communauté de communes Côte d’Emeraude, gestionnaire délégué du site naturel des marais de Beaussais, propriété du Conservatoire du littoral, pour le compte du Dinan agglomération.
- Conservatoire du littoral, Propriétaire et coordonnateur de l’ingénierie pour aider à la prise de décision
- Dinan agglomération, EPCI déléguant la gestion : Commune de Beaussais-sur-Mer
Partenaires
- BRGM : caractérisation des submersions marines
- MNHN : cartographies d’habitats
- Laboratoire Géoarchitecture de l’Université de Bretagne Occidentale et UMR Ecobio (Université de rennes) : diagnostic et étude de faisabilité; évolution des communautés
- École Pratique des Hautes Études : estimation du service d’atténuation de la végétation d’un marais maritime sur les vagues ; évaluation des services écosystémique ; suivi par orthomosaïque multispectrale et modèle numérique de surface de la reconnexion à la mer
- Ecole boulle : proposition de divers projets écotouristiques
- DSA-architecte-urbanisme : travail prospectif de « planification urbaine » sur la façon d’aménager des territoires littoraux à dominante naturelle.
- Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne : enquête de perception sociale
- ENSP : étude paysagère historique et prospective
- CEREMA : assistance à maitrise d’ouvrage pour la conception des levées de terres en retrait.
- Partenaires financiers : Life UE, Agence de l’eau Loire Bretagne, Fonds vert, Conservatoire du littoral
Présentation synthétique du projet
Le marais de Beaussais*, dans les Côtes-d’Armor, est un polder du XIXᵉ siècle créé grâce à une digue ayant permis de gagner des terres sur la mer. Exploité à des fins agricoles pendant près de deux siècles, il a connu différents usages, de l’agriculture de subsistance aux cultures intensives.

À partir de 1994, le Conservatoire du littoral acquiert progressivement le site et convertit les terres en prairies pour protéger le site et restaurer les milieux naturels.
Fragilisée par les tempêtes et l’élévation du niveau de la mer, la digue nécessite des interventions de plus en plus fréquentes. Les brèches se multiplient jusqu’à l’apparition d’une nouvelle rupture en 2020. Les acteurs locaux décident alors de ne plus réparer l’ouvrage et d’accompagner le retour de la mer.
Redevenu marais maritime, le site retrouve progressivement son fonctionnement écologique naturel. Il constitue aujourd’hui un laboratoire à ciel ouvert dédié à la restauration écologique, à la recherche scientifique, à l’évolution des paysages et à la médiation artistique.
*Propriété du Conservatoire du littoral, le site est géré par la Communauté de communes Côte d’Émeraude pour le compte de Dinan Agglomération.
Les objectifs du projet :
Face à l’élévation du niveau de la mer, dans un contexte de maîtrise foncière publique significative et d’enjeux économiques et de sécurité contenus :
- Anticiper et accompagner de manière maîtrisée l’intrusion marine et la transition progressive d’un écosystème terrestre artificialisé vers un écosystème marin fonctionnel.
- Sensibiliser les acteurs locaux et la population à la nécessaire adaptation de nos littoraux, à leur caractère dynamique et aux conséquences du dérèglement climatique.
- Contribuer aux démarches de solutions d’adaptation fondées sur la nature pour soutenir d’autres territoires confrontés aux mêmes défis d’évolution du trait de côte.
- Contribuer aux travaux de recherche appliquée.

Historique et méthodes de génie écologique mises en œuvre
- Entre 1994 et 2008 : au fur et à mesure des acquisitions foncières, reconversion des cultures intensives en prairies humides entretenues par fauche et pâturage extensif.
- 2007 à 2008 : travaux hydrauliques de création de noues paysagères, dépressions humides, suppression des clapets anti retours permettant les intrusions marines pour restaurer des fossés halins avec végétations halophiles, confortement d’une levée de terre en bordure de la route communale pour protéger cette infrastructure et la maison du polder d’une inondation en cas de rupture de digue.
- 1994 à 2017 : réparation de toute brèche ou atteinte à l’intégrité de la digue à la mer.
- Mars 2020 : apparition d’une brèche dans la digue, à son point le plus faible. Aucune intervention humaine pour créer, entretenir, sécuriser cette brèche.
- 2020-2021 : libre évolution de la brèche avec submersion progressive des prairies par l’eau de mer. Relogement en secteur urbain des occupants de la maison du polder puis achat, par le Conservatoire du littoral.
- Avril 2021 : la brèche fait place à un nouveau chenal à marée. Le polder est de nouveau soumis au battement des marées favorisant la colonisation du site par tous les cortèges d’habitats de marais maritime. Réalisation de travaux de sécurisation temporaire au sein du désormais ex polder pour protéger temporairement quelques enjeux socio-économiques avant leur relocalisation à moyen terme (levée de terre provisoire, pose de clapets anti- retour, suivi d’une désartificialisation des abords de la maison rachetée, fermeture d’une route à la circulation).
- 2023 : surélévation d’une digue centrale au cœur du polder en vue d’offrir à la route départementale un répit de quelques années face à la hausse du niveau marin. Cette route départementale est un axe structurant Saint-Malo – Cap Fréhel. Le temps (10 ans maximum) octroyé par les travaux en question doivent permettre au conseil départemental (propriétaire et gestionnaire de la route en question) d’étudier les conditions du maintien de la circulation dans un scénario de dépoldérisation complet, qui inclut la restauration des fonctionnalités hydrauliques (suppression des nœuds hydrauliques de certains fossés pour favoriser la libre circulation des poissons).
- 2025 : Poursuite de travaux reprofilage de terrain et de restauration d’une vasière sur 2000 m²

Coûts de l’opération
Coût total : 900 000 € hors frais de personnel du Conservatoire du littoral et de la communauté de communes Côte d’Emeraude
- Etude et acquisition de la maison : 550 000 €
- Travaux : 250 000 €
- Suivi : 100 000 € (à venir en 2027 suivi sédimentaire + suivi perception sociale)
Modalités de financement : le coût a été pris en charge par le LIFE, le Fonds vert, l’Agence de l’eau Loire Bretagne et de l’autofinancement du Conservatoire du Littoral, de la Communauté de communes Côte d’Émeraude, Dinan agglomération et Beaussais-sur-Mer.

