Lauréat du Prix spécial du jury
Dans le cadre du Prix national du génie écologique 2026 organisé par l’A-IGÉco et l’Office français de la biodiversité (OFB), en partenariat avec le Ministère de la transition écologique et l’Association Française pour l’Étude du Sol (AFES).
Un projet réalisé par (porteur de projet et partenaires) :
- Unité de recherches Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie marine et continentale (IMBE), IUT Avignon
- Grand Port Maritime de Marseille (GPMM)
- Société EUROVIA PACA / TP SPADA
- Unité de recherches Environnement Méditerranéen et Modélisation des Agro-Hydrosystèmes (EMMAH)
- Laboratoire Etude et Compréhension de la Biodiversité (ECODIV). USC INRAE 1499, Université de Rouen Normandie,
- Société Fédérative de Recherches (TERSYS), Pôle Agrosciences, Université d’Avignon,
- Ecole Universitaire de Recherches Implanteus (EUR), Pôle Agrosciences,
- Conservatoire Espaces Naturels PACA (CEN PACA), gestion des liens avec la Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau
- Chambre d’Agriculture PACA, délégation Bouches-du-Rhône (CA 13)
Présentation synthétique du projet
Si les effets négatifs du scellement du sol sur sa biodiversité et ses fonctions sont déjà connus, peu de recherches ont été réalisées sur les impacts positifs du descellement sur le retour de la biodiversité et des fonctionnalités initiales.

Depuis décembre 2023, le descellement d’une plaque de béton dans le Grand Port Maritime de Marseille nous a permis d’étudier différentes composantes de sa biodiversité (végétation de surface et stock de graines, invertébrés du sol, micro-organismes) et des paramètres d’habitat (fonctions physico-chimiques et hydrophysiques) afin de restaurer l’écosystème sub-steppique qui préexistait.
Notre objectif principal est de proposer aux gestionnaires les techniques post- descellement les plus durables.
Les objectifs du projet :
Les objectifs du projet sont :
- De développer une approche intégrée des effets du descellement sur la biodiversité et les fonctionnalités du sol d’un écosystème à très forte valeur patrimoniale après le retrait d’une plaque de béton installée il y a une cinquantaine d’année dans les terres de parcours de la plaine de Crau (Bouches-du-Rhône).
- Un autre objectif de ce projet est d’ordre méthodologique puisqu’il vise à comprendre et hiérarchiser les interactions les plus significatives entre les différents compartiments de biodiversité et les fonctionnalités mesurées (via l’utilisation de Modèles d’Equations Structurales – SEM) pour dégager les principaux leviers à actionner dans le cadre de la restauration post-descellement.
- Enfin, le dernier objectif est de fournir nos premiers résultats aux aménageurs partenaires (GPMM notamment) pour sélectionner les meilleures techniques de restauration après descellement dans le cadre de d’opérations de plus grande envergure programmées dans les années à venir sur leurs sites.
Le scellement mis en place depuis 1970 a profondément impacté la végétation par son éradication totale en surface mais également par la disparition totale de graines viables sous la dalle de béton.
La biodiversité du sol a drastiquement chuté notamment au niveau de la macrofaune et mésofaune ainsi que de la biomasse microbienne.
Ses propriétés ont aussi significativement changé notamment pour la qualité des matières organiques qui sont dorénavant plus stables que libres.
D’autres paramètres ont été significativement impactés, notamment physiques (baisse de la porosité, infiltration, stabilité structurale, teneurs en argiles) ainsi que sa fertilité chimique (baisse des teneurs significatives pour certains éléments chimiques).


Résultats après travaux
Le sol scellé pendant 50 ans présente des caractéristiques significativement différentes du sol de la steppe de référence quasiment pour tous les paramètres.
Après deux années de traitement post-descellement, la majorité des paramètres mesurés restent significativement en dessous de ceux de la steppe de référence à l’exception de la microfaune (nématodes) qui ont rapidement recolonisé le site (quelques mois après) quel que soit le traitement de restauration (avec ou sans décompactage).
Il y a cependant peu de gains obtenus avec le traitement post-descellement de décompactage notamment sur les différents compartiments de biodiversité étudiés par rapport à son absence. Ses effets peuvent être même négatifs car ce traitement abaisse significativement les teneurs en matières organiques libres.
Par contre un impact significatif positif existe bien sur les paramètres hydrophysiques (infiltrabilité, réservoir en eau utilisable).
Coûts de l’opération
Coût total : 160 500 euros
- Descellement de la dalle (4-6 décembre 2024), enlèvement des gravats et décompactage : 12 000 euros.
- Doctorante contractuelle 100% sur le projet (2025-2028) : 120 000 euros
- Deux Master2 en 2024 et 2025 (6 mois chacun) : 6 000 euros
- Analyses expérimentales diverses (2023-2028) : 14 000 euros
- Missions de terrain pour les prélèvements et suivis (2023-2028) : 3 000 euros
- Valorisation scientifique (colloques et séminaires nationaux et internationaux 2025-2028) : 3 500 euros
- Valorisation auprès des partenaires socio-économiques et grand public (visites du site) : 2 000 euros
Plusieurs sources de financement ont été obtenues pour mener à bien ce projet entre 2024 et 2028 : GPMM de Marseille, Société Fédérative de Recherches (SFR) TERSYS, EUR Implanteus, CNRS Institut Ecologie et Environnement, autofinancement IMBE, autofinancement EMMAH

