L’ingénierie pédologique pour la renaturation de friches industrielles en milieu urbain (93)

Dans le cadre du Prix national du génie écologique 2026 organisé par l’A-IGÉco et l’Office français de la biodiversité (OFB), en partenariat avec le Ministère de la transition écologique et l’Association Française pour l’Étude du Sol (AFES).

  • IEES-Paris co-porté par l’association Halage et le Conseil Départemental de Seine Saint-Denis
  • Association Halage
  • Conservatoire botanique national (CBN) du Bassin parisien
  • Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis

Présentation synthétique du projet

Située au nord-ouest de la Seine-Saint-Denis, la pointe de L’Île-Saint-Denis, inscrite dans le périmètre multi-sites Natura 2000 du département de Seine-Saint-Denis, comprend une ancienne friche d’activités industrielles d’entreposage de déchets et de matériaux de voirie.

Localisation du projet d’ingénierie pédologique de renaturation de friches industrielles ©IEES-Paris

Cette friche de 3,6 ha située entre le parc départemental et la toute pointe de l’ile constitue une rupture physique et écologique du fait de la présence de sols fortement dégradés, tassés et partiellement pollués.

Devenu propriété départementale fin 2017, le terrain a été mis à la disposition de l’association Halage par le Conseil Départemental en 2018, dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt, pour 10 ans puis prolongé jusqu’en 2040, afin de le transformer en espace de nature qui sera intégré à terme, au parc départemental.

C’est dans ce cadre que s’inscrit notre démarche expérimentale visant à tester différentes approches d’ingénierie pédologique pour restaurer les fonctions du sol tout en recyclant des déchets minéraux issus du BTP.

L’expérimentation RESTAUR’SOL, mise en place février 2020 pour 10 ans, renaturation de friches industrielles ©IEES-Paris

Résultats après cinq années de suivi,

  • Les sols construits ont une meilleure capacité à maintenir la diversité des espèces végétales semées.
  • Ils ne contiennent pas de banque de graines préexistante, ce qui permet de mieux maîtriser la composition et la diversité initiales du couvert végétal.
  • Grâce aux apports réguliers de compost, la production primaire a favorisé la fixation de carbone atmosphérique, entraînant une augmentation progressive des stocks de matière organique dans les sols (les sols construits présentent un potentiel de séquestration du carbone supérieur à celui des sols naturels).
  • Les suivis annuels de la macrofaune ont révélé une colonisation rapide de ces sols par une communauté diversifiée d’organismes du sol.
  • Des taux d’infiltration de l’eau jusqu’à cinq fois plus élevés que ceux observés dans les terres végétales importées.

L’ensemble de ces résultats souligne le potentiel des sols construits comme solution durable pour la restauration écologique de milieux dégradés et le développement d’écosystèmes fonctionnels en contexte urbain.

Renaturation des sols friches industrielles : mise en place en 2020, moyens lourds de criblage et de mélange ©IEES-Paris

Durée du projet

Le projet a duré de 2019 à 2025 avec une poursuite jusqu’en 2040.

Coûts de l’opération

Coût total du projet : 398 000 euros

  • Mise en place initiale des placettes expérimentales et semis : 26000 euros
  • Suivi annuel de la flore par le CBNBP : 12000 euros
  • Analyses physiques et chimiques des sols : 5000 euros
  • Installation d’une centrale d’acquisition météo : 5000 euros
  • Coûts indirects personnels de IEES-Paris : 350000 euros
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