Lauréat de la catégorie “Restauration de milieux terrestres”
Dans le cadre du Prix national du génie écologique 2026 organisé par l’A-IGÉco et l’Office français de la biodiversité (OFB), en partenariat avec le Ministère de la transition écologique et l’Association Française pour l’Étude du Sol (AFES).
Un projet réalisé par (porteur de projet et partenaires) :
- IEES-Paris co-porté par l’association Halage et le Conseil Départemental de Seine Saint-Denis
- Association Halage
- Conservatoire botanique national (CBN) du Bassin parisien
- Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis
Présentation synthétique du projet
Située au nord-ouest de la Seine-Saint-Denis, la pointe de L’Île-Saint-Denis, inscrite dans le périmètre multi-sites Natura 2000 du département de Seine-Saint-Denis, comprend une ancienne friche d’activités industrielles d’entreposage de déchets et de matériaux de voirie.

Cette friche de 3,6 ha située entre le parc départemental et la toute pointe de l’ile constitue une rupture physique et écologique du fait de la présence de sols fortement dégradés, tassés et partiellement pollués.
Devenu propriété départementale fin 2017, le terrain a été mis à la disposition de l’association Halage par le Conseil Départemental en 2018, dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt, pour 10 ans puis prolongé jusqu’en 2040, afin de le transformer en espace de nature qui sera intégré à terme, au parc départemental.
C’est dans ce cadre que s’inscrit notre démarche expérimentale visant à tester différentes approches d’ingénierie pédologique pour restaurer les fonctions du sol tout en recyclant des déchets minéraux issus du BTP.
Les objectifs du projet :
L’objectif est d’expérimenter des méthodes innovantes d’ingénierie pédologique pour la réhabilitation d’un site dégradé par diverses activités industrielles, et d’en évaluer la pertinence écologique, économique et sociale.
Ce projet permet d’étudier les performances de ces méthodes de construction de sols réutilisant des ressources urbaines jusqu’alors délaissées (matériaux excavés et déchets végétaux) vis-à-vis :
- de la recolonisation par la biodiversité d’une friche industrielle dont les sols étaient très dégradés,
- et de la mobilité des polluants afin d’assurer son innocuité pour la santé humaine dans le cadre d’un usage récréatif de parc.
En outre, nous analysons dans quelle mesure ces différents sols construits assurent un niveau de fonctionnalité élevé (support de végétation, cycle de l’eau et des nutriments, habitat biologique) et réalisent différents services écosystémiques (support, production, régulation, culturels).
En particulier l’expérimentation suit comment ces différents procédés de génie pédologique, qui modifient profondément la structure et la composition chimique de couche superficielle du sol, influencent le développement d’une nouvelle activité biologique des sols puis son évolution sur le long terme.

Résultats après cinq années de suivi,
- Les sols construits ont une meilleure capacité à maintenir la diversité des espèces végétales semées.
- Ils ne contiennent pas de banque de graines préexistante, ce qui permet de mieux maîtriser la composition et la diversité initiales du couvert végétal.
- Grâce aux apports réguliers de compost, la production primaire a favorisé la fixation de carbone atmosphérique, entraînant une augmentation progressive des stocks de matière organique dans les sols (les sols construits présentent un potentiel de séquestration du carbone supérieur à celui des sols naturels).
- Les suivis annuels de la macrofaune ont révélé une colonisation rapide de ces sols par une communauté diversifiée d’organismes du sol.
- Des taux d’infiltration de l’eau jusqu’à cinq fois plus élevés que ceux observés dans les terres végétales importées.
L’ensemble de ces résultats souligne le potentiel des sols construits comme solution durable pour la restauration écologique de milieux dégradés et le développement d’écosystèmes fonctionnels en contexte urbain.

Durée du projet
Le projet a duré de 2019 à 2025 avec une poursuite jusqu’en 2040.
Coûts de l’opération
Coût total du projet : 398 000 euros
- Mise en place initiale des placettes expérimentales et semis : 26000 euros
- Suivi annuel de la flore par le CBNBP : 12000 euros
- Analyses physiques et chimiques des sols : 5000 euros
- Installation d’une centrale d’acquisition météo : 5000 euros
- Coûts indirects personnels de IEES-Paris : 350000 euros
Modalités de financement : mise en place de l’expérience par le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, financements privés de Colas pour la station météo et fonds propres de recherche (IRD, UPEC, CNRS)

