Coûts de la restauration écologique : CDC Biodiversité en partenariat avec l’A-IGÉco publient une étude majeure.
Quels sont les coûts réels des opérations de restauration écologique ? Comment les évaluer, les comparer et les rendre lisibles pour les décideurs publics et privés ? Autant de questions essentielles pour massifier les projets de génie écologique, auxquelles répondent le nouveau Dossier de la Mission Économie de la Biodiversité (MEB) n°65 – « Coût de la restauration écologique : opportunités et défis associés », publié par CDC Biodiversité et réalisé en partenariat avec l’A-IGÉco.
Un travail qui s’inscrit dans la feuille de route nationale à horizon 2030
Lancée le 24 juin 2025, la feuille de route nationale pour l’ingénierie et le génie écologiques fixe un cap commun pour développer et structurer la filière d’ici 2030. Parmi les actions identifiées figure la nécessité de construire un plaidoyer en faveur de la viabilité économique du génie écologique et des solutions fondées sur la nature.
L’enjeu est notamment d’encourager les maîtres d’ouvrage à mobiliser les professionnels du génie écologique dans les projets financés par l’État, en s’appuyant sur des retours d’expérience, des annuaires d’entreprises spécialisées et des normes adaptées.
Pour convaincre davantage de décideurs publics et privés, il est toutefois nécessaire de disposer de données économiques suffisamment solides pour apprécier les moyens à mobiliser, mieux comprendre les coûts des opérations et éclairer les choix entre différentes solutions.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le Dossier de la MEB n° 65 publié en septembre 2026.
Mieux comprendre les coûts pour mieux décider
Aujourd’hui, le manque de données économiques détaillées et comparables constitue un frein au développement des projets de restauration écologique. Les coûts varient selon les milieux, les objectifs écologiques, les contextes territoriaux et les techniques mobilisées. Sans références communes, il reste difficile d’estimer les moyens nécessaires, de comparer différentes approches ou de démontrer leur pertinence économique.

Ce que contient le dossier
Réalisée par la Mission Économie de la Biodiversité de CDC Biodiversité, financée par la Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts, l’étude propose :
- un état des lieux des opérations de restauration écologique en France et de leurs étapes, de la planification au suivi post-travaux ;
- une analyse de l’intérêt d’une approche par les coûts comme levier pour massifier les projets ;
- des lignes de force méthodologiques pour construire un cadre commun d’évaluation : quelles phases intégrer, à quelle échelle raisonner, comment tenir compte de la variabilité des contextes écologiques et territoriaux ;
- des pistes pour renforcer le recours aux solutions vertes face aux solutions grises dans les processus de décision.
L’objectif n’est pas de réduire la restauration écologique à un prix, ni de définir un coût unique applicable à tous les projets. Il s’agit de mieux comprendre ce que recouvrent les dépenses engagées, de disposer de références plus robustes et de rendre les comparaisons plus pertinentes.
Ce travail doit ainsi contribuer à mieux dimensionner les projets, à faciliter les arbitrages des maîtres d’ouvrage et des financeurs et à mieux documenter le rapport coût-efficacité des solutions fondées sur la nature, en tenant compte des spécificités écologiques et territoriales.
L’A-IGÉco mobilisée pour faire avancer la filière
En contribuant à cette publication avec CDC Biodiversité, et grâce au travail de Sylvain Moulhérat (président de l’A-IGEco) et de Sébastien Gallet, du réseau REVER (Réseau d’Échanges et de Valorisation en Écologie de la Restauration), l’A-IGÉco participe concrètement à la mise en œuvre des ambitions de la feuille de route nationale.
Ce travail collectif — associant acteurs publics, maîtres d’ouvrage, opérateurs, chercheurs et financeurs — constitue une première pierre du plaidoyer économique attendu dans le cadre de la Feuille de route, en lien avec les mesures 4 et 20 du PNACC3 et la mesure 30 du plan Eau. Il ouvre la voie à la production de références de coûts robustes, comparables et accessibles, au bénéfice de toute la filière.
Mieux connaître les coûts, c’est donner aux acteurs les moyens de mieux préparer leurs projets, de justifier leurs choix et de renforcer la place du génie écologique dans les politiques d’aménagement et de restauration des territoires.
L’A-IGÉco poursuivra son engagement pour faire connaître les travaux de la filière et accompagner la mise en œuvre de la feuille de route nationale à horizon 2030.


